Oscar Piastri en maître du week-end, Haas et Williams en embuscade, Mercedes régulière. Mais aussi la déception Ferrari, et des écuries toujours pas au rendez-vous. On fait le point sur les tops et les flops de ce deuxième Grand Prix de la saison 2025.
Top 1 : Piastri, l’autorité tranquille
À Shanghai, Oscar Piastri a frappé un grand coup. Une semaine après une course frustrante à domicile, l’Australien a signé la première pole position de sa carrière avant de remporter avec autorité la deuxième manche du championnat. Une prestation sérieuse, sans éclat excessif mais diablement efficace, qui a permis à McLaren de décrocher son premier doublé de la saison. Avec ce succès, sa troisième victoire en F1, Piastri fait sauter le verrou psychologique qui l’écartait des favoris au titre.

Installé aux commandes dès le premier tour, il n’a dû gérer qu’un seul dépassement – celui d’Albon, retardataire, après son arrêt – pour ensuite contrôler la course avec maturité. Profitant d’un air propre et d’un excellent réglage aérodynamique hérité du sprint, il a évité les soucis de graining qui ont affecté Norris en fin de course pour maintenir un rythme constant. Même le pari des pneus durs non testés en course a tourné à son avantage : « C’était une surprise, mais une bonne surprise« , a-t-il résumé.
Ce retour en force arrive à point nommé : avec 32 points marqués en Chine, Piastri revient à une unité de Russell au classement, deux de Verstappen et dix de Norris. Sa victoire, nette et sans bavure, confirme que McLaren est l’équipe à battre en ce début de saison.
Top 2 : Haas, un doublé dans le top 10 qui rassure
Longtemps à la peine en 2024, Haas a vécu un dimanche presque parfait avec ses deux voitures dans les points. Esteban Ocon franchit la ligne d’arrivée 7e mais termine 5e après la disqualification des deux Ferrari devant lui. Son coéquipier, Oliver Bearman, qui avait passé la ligne en 10e position, s’offre donc une 8e place méritée.

Le Français a misé sur un arrêt précoce pour profiter de l’undercut, dépassant Antonelli en piste pour solidifier sa position. « Nous avons tout remis à plat depuis Melbourne, ça a payé« , s’est-il félicité, saluant le travail des équipes de Maranello, Banbury et Kannapolis. Bearman, lui, a opté pour une stratégie inversée : départ en pneus durs, arrêt tardif et remontée efficace à coups de dépassements musclés. Son « Ciao » à la radio en doublant ses rivaux résume bien l’état d’esprit : décomplexé et combatif.
Le directeur d’équipe Ayao Komatsu ne cachait pas sa surprise : « Si on m’avait dit qu’on marquerait sept points aujourd’hui, j’aurais signé tout de suite. » Haas entame donc 2025 bien mieux que prévu.
Top 3 : Williams continue sur sa lancée
Deuxième double top 10 du week-end : celui de Williams, qui capitalise sur les disqualifications post-course pour faire grimper Albon en 7e position et Sainz à la 10e place. Avec 17 points en deux manches, l’écurie égale déjà son total de 2024, et se retrouve devant Ferrari au classement général avec le même nombre de points.

La performance d’Albon est particulièrement remarquable. Longtemps en lice pour le top 10, il a su tirer le meilleur d’un relais en pneus durs parfaitement géré pour contenir Bearman et terminer dans les échappements d’Antonelli. « Ce week-end montre qu’on sait désormais résoudre nos problèmes et progresser« , a-t-il déclaré.
Sainz, de son côté, a souffert d’un manque de rythme malgré une stratégie cohérente. Frustré mais lucide, il promet une réaction au Japon. Son patron, James Vowles, a rappelé sa confiance : « Carlos a gagné plus récemment que quiconque ici. À nous de lui donner les moyens de briller.«
Top 4 : Russell et Antonelli, les Mercedes discrètes mais présentes

Dans l’ombre des coups d’éclat, George Russell poursuit son début de saison tout en régularité. Sur le podium pour la deuxième fois en deux courses, il s’affirme comme le plus constant des pilotes de pointe. Le Britannique ne fait pas de bruit, mais récolte gros : il pointe à une unité de la tête du championnat, preuve de son efficacité.
Côté Mercedes toujours, Andrea Kimi Antonelli confirme ses débuts prometteurs avec une solide 6e place en Chine, dont il hérite après les disqualifications. Pas de fulgurance, mais une course propre, une bonne lecture stratégique et une adaptation rapide aux conditions de course. Pour un rookie, la copie est presque parfaite.
Flop 1 : La disqualification des Ferraris et de Pierre Gasly
Le Grand Prix de Chine 2025 restera marqué par un coup dur pour Ferrari et Alpine, qui ont vu leurs résultats annulés suite à une disqualification de leurs pilotes. Charles Leclerc, qui avait terminé la course en 5e position, et Pierre Gasly, qui avait franchi la ligne d’arrivée en 11e place, ont tous deux été disqualifiés après que leurs voitures aient été jugées sous-pondérées lors des vérifications techniques post-course. Leclerc a vu son poids chuter sous la limite requise de 800 kg après qu’un test de carburant ait été effectué, tandis que Gasly a subi le même sort après que 1,1 kg de carburant aient été retirés de son réservoir, le faisant descendre à 799 kg.

Cette triple disqualification a eu des conséquences immédiates sur le classement, permettant à Stroll et Sainz d’entrer dans la zone des points. Pour Ferrari, c’était un coup de théâtre encore plus brutal, car leur autre pilote, Lewis Hamilton, a également été disqualifié en raison d’une violation des règles concernant l’épaisseur du bloc arrière de sa voiture, un autre revers qui ternit une journée déjà difficile. Cette situation laisse Ferrari et Alpine sans point et marque un échec stratégique majeur dans un week-end qui avait pourtant bien commencé pour Hamilton qui avait remporté la course sprint.
Flop 2 : Lawson, départ anticipé ?
Le Grand Prix de Chine 2025 a été particulièrement difficile pour Liam Lawson, qui a encore une fois manqué de performance dans le cadre de sa campagne avec Red Bull. Qualifié en 20e position pour les deux courses, Lawson a connu des difficultés à progresser durant le week-end, passant la ligne à la 15e place après un départ depuis la voie des stands. Bien que son coéquipier Max Verstappen ait continué d’atteindre le haut du classement, Lawson n’a pas été en mesure de se rapprocher des positions de points, une déception supplémentaire pour le pilote néo-zélandais.

Le manque de compétitivité de Lawson n’est pas passé inaperçu dans l’équipe, et Red Bull a rapidement exprimé son mécontentement. Helmut Marko, conseiller pour l’écurie Autrichienne, a précisé que les performances de Lawson n’étaient pas à la hauteur des attentes et qu’un échange de baquets avec Yuki Tsunoda, pilote de l’équipe sœur Racing Bulls, était envisagé. Ce potentiel changement pourrait intervenir dès le Grand Prix du Japon, un événement où Tsunoda, dans une forme étincelante, pourrait remplacer un Lawson sous pression. Pour ce dernier, la fenêtre de progrès semble se réduire, et chaque course à venir devient une occasion cruciale de montrer sa valeur ou de risquer de perdre sa place dans l’équipe.
Flop 3 : Alonso, toujours pas classé au championnat
Fernando Alonso avait une occasion en or de finir sa première course de la saison lors du Grand Prix de Chine 2025, après une première déception en Australie. Pourtant, la journée de l’Espagnol a viré au cauchemar, marqué par un problème technique majeur. Dès le cinquième tour, Alonso a signalé une défaillance de ses freins arrière, lui imposant un abandon prématuré de la course. « No brakes, no brakes » ont été ses mots à la radio, illustrant l’ampleur du souci. La perte de pression de freinage est un incident particulièrement dangereux, et le pilote d’Aston Martin a eu la chance de ramener sa voiture aux stands sans autres conséquences graves. Cette situation met en lumière la fragilité de la saison d’Alonso, qui, après avoir échoué à terminer en Australie, doit encore attendre de marquer des points pour être classé au championnat.

Ce deuxième abandon en autant de courses est d’autant plus frustrant que Fernando Alonso avait l’ambition de redresser la barre en Chine. Sa qualification n’était pas idéale, mais il avait les moyens de se rattraper en course. Cependant, la malchance semble le suivre cette année, et même si son équipe assure qu’ils analyseront le problème pour améliorer les performances, il est de plus en plus évident que la saison 2025 d’Alonso risque de devenir un véritable chemin de croix, avec une fiabilité toujours en question et des résultats décevants à chaque course. À l’aube du triple-header à venir, le champion du monde semble déterminé à inverser la tendance, mais la pression est forte pour qu’il marque enfin des points.
Flop 4 : Les Racing Bulls, les qualifs gérées, les courses ratées
La stratégie de Racing Bulls, qui semblait avoir bien fonctionné en qualifications, a totalement échoué en course. Après une bonne performance en qualifications, les pilotes se sont retrouvés à lutter pour entrer dans les points lors de la course. L’équipe a fait le choix de maintenir un plan de deux arrêts, malgré des températures de piste plus fraîches qui permettaient une gestion plus flexible des pneus. Cette décision a relégué les deux pilotes loin du top 10, avec Yuki Tsunoda en difficulté en raison de la rupture de son aileron avant. Isack Hadjar, quant à lui, a terminé à la 14e place avant de hériter d’une 11e position après les disqualifications post-course. Bien que ce résultat proche des points soit une forme de consolation, il n’en reste pas moins une nouvelle occasion manquée pour une équipe qui semblait plus performante que ses résultats ne le suggèrent.

L’équipe, frustrée par cette nouvelle déception, a mis en lumière la stratégie erronée, mais aussi le manque de chance, notamment pour Tsunoda, qui a dû faire face à un dommage technique imprévu. Malgré tout, Laurent Mekies, le directeur de l’équipe, est resté positif, soulignant que les performances en qualifications et la bonne dynamique en Sprint avec Tsunoda sont des signes encourageants pour l’avenir. Cependant, avec une telle désorganisation en course, Racing Bulls devra revoir en profondeur son approche stratégique pour éviter de nouvelles désillusions, en particulier avec des courses à venir sur des circuits plus exigeants comme Suzuka.
Flop 5 : Sauber, inexistants en Chine
Le Grand Prix de Chine 2025 a été un véritable fiasco pour l’équipe Sauber, qui n’a pas réussi à se montrer compétitive tout au long du week-end. Dès le départ, les pilotes ont connu des difficultés majeures : Gabriel Bortoleto a effectué une sortie de piste lors du premier tour, forçant un pit-stop précoce, tandis que Nico Hülkenberg a vu sa position se détériorer rapidement après une mauvaise gestion du départ, passant de la 12e à la 19e place. Avec une voiture loin de ses performances attendues, l’équipe n’a pas pu compter sur une quelconque remontée, et les deux pilotes ont terminé la course loin des points. Bortoleto a toutefois devancé Hülkenberg, profitant de pneus plus frais pour terminer 14e, mais cette performance reste bien en deçà des espérances.

(Crédits : Sauber)
Sauber continue de souffrir de problèmes de développement qui les empêchent de se rapprocher des équipes plus établies du milieu de grille. Nico Hülkenberg, bien qu’expérimenté, n’a pas pu offrir le type de performance que l’équipe espérait, tandis que le jeune Bortoleto, dans sa première saison, peine à s’imposer. Le manque de fiabilité et de compétitivité de la voiture montre que Sauber a encore beaucoup de travail pour espérer inquiéter les autres équipes du peloton. Les résultats du week-end chinois ne font que confirmer que la progression de l’équipe sera un long processus.
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